Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S test

Test Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S : 160 mm, Shimano EP6 et Rockshox pour le meilleur VTTAE tout-suspendu sous 3 500 €

  • Cadre & Géométrie
  • Suspension
  • Transmission
  • Freinage
  • Roues & Pneus
  • Comportement en descente
  • Rapport qualité-prix
4.1/5Note globale
Specs
  • Cadre: Aluminium tout-suspendu 160/150 mm, fabrication Canada
  • Fourche: Rockshox 35 Gold RL 160 mm, axe 15x110 Boost
  • Amortisseur: Rockshox Deluxe Select 150 mm, air
  • Groupe: Shimano Cues 6000, 11 vitesses
  • Freins: TRP Slate Evo, 4 pistons, disques 203 mm
  • Roues: SunRinglé Duroc 29", jante aluminium tubeless ready
  • Pneus: Rockrider Grip 500 2.4" tubeless ready
  • Moteur & Batterie: Shimano EP6 85 Nm, batterie 630 Wh intégrée amovible
Pour
  • Rapport qualité-prix exceptionnel avec composants de marque sur les points critiques
  • Motorisation Shimano EP6 naturelle et intuitive pour vététistes musculaires
  • Freinage TRP 4 pistons puissant et modulable pour descentes prolongées
  • Tige télescopique réactive incluse d'origine libérant le bassin en descente
Contre
  • Transmission Shimano Cues moins réactive qu'une XT avec craquements sous charge
  • Pneus Grip 500 insuffisants sur sols secs et poussiéreux
  • Poids de 25,5 kg sensible en portage et relance après virage
Ce qu’il faut retenir du ROCKRIDER all-mountain e-feel 700 s
  • Rapport qualité-prix imbattable : Shimano EP6, Rockshox full-air et freinage TRP 4 pistons à 3 500 € constituent une accumulation de composants sérieux introuvable chez les concurrents.
  • Moteur Shimano EP6 naturel : L’assistance basée sur la cadence produit une expérience de pédalage discrète et fluide, loin de la sensation de poussée artificielle des motorisations couple-centriques.
  • Débattement 160/150 mm engagé : Ce gabarit de suspension dépasse clairement les terrains all-mountain classiques et donne confiance en descente technique sans basculer vers la lourdeur d’un enduro.
  • Transmission Cues bruyante sous charge : Le dérailleur Shimano Cues 6000 privilégie la durabilité moteur à la réactivité, générant des craquements perceptibles sous forte sollicitation comparé à une XT.
  • Pneus Grip 500 insuffisants en sec : Les pneus d’origine montrent des limites évidentes sur sols poussiéreux et pierreux, imposant un remplacement rapide pour les pratiquants en terrain alpin ou méditerranéen.
  • Verdict : meilleur achat VTTAE all-mountain 3 000-4 000 € : Machine remarquablement équilibrée recommandée aux pratiquants réguliers cherchant à allonger leurs sorties en montagne avec une assistance intelligente et un SAV accessible.

Le segment des VTTAE tout-suspendus entre 3 000 et 4 000 € est aujourd’hui l’un des plus disputés du marché deux-roues. Canyon, Radon et Moustache s’y livrent une guerre tarifaire sans merci, chacun tentant de proposer la meilleure accumulation de composants pour séduire un acheteur de plus en plus exigeant et informé. C’est précisément dans ce contexte que le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S a immédiatement attiré notre attention chez veloimplus.fr : un catalogue de composants habituellement réservé aux vélos 1 000 € plus chers, proposé par Decathlon avec son réseau de 300 magasins en France et une politique tarifaire assumée.

Ce VTTAE s’adresse aux vététistes de niveau intermédiaire à confirmé qui souhaitent pousser sur des terrains all-mountain engagés avec l’assistance électrique, sans sacrifier les sensations de pilotage. Pensez au pratiquant régulier entre 35 et 55 ans qui sort 2 à 3 fois par semaine, qui cherche à prolonger ses adventures en montagne et qui veut progresser sur les terrains techniques sans partir sur une machine pointue difficile à maîtriser. Dans cet article, nous allons décortiquer l’architecture technique du E-Feel 700 S, vous livrer un compte-rendu terrain détaillé après 6 semaines d’utilisation intensive dans le Massif Central, le comparer à trois concurrents directs et vous donner un verdict sans filtre.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S

Présentation rapide du Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S

Dans la gamme Rockrider, le E-Feel 700 S occupe une position de milieu de gamme haut de gamme : au-dessus du E-Feel 500 S et juste en dessous du 900 S. C’est le positionnement premium accessible de Decathlon, celui qui doit convaincre le vététiste expérimenté sans lui demander de vider son compte épargne. Son terrain de jeu recommandé couvre les singles techniques en montagne, les terrains accidentés, pierreux, ravinés, les passages sur racines et les chutes importantes. Il n’a pas vocation à remplacer un machine de bike park extrême ou à chronomètrer des descentes de compétition, mais pour tout le reste, il a clairement quelque chose à dire.

Ce qui distingue le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S de la concurrence à ce tarif, c’est une accumulation cohérente de composants de marque sur les postes qui comptent vraiment : motorisation Shimano EP6 à 85 Nm basée sur la cadence de pédalage, batterie 630 Wh intégrée au cadre, suspensions Rockshox full air (fourche 35 Gold RL et amortisseur Deluxe Select), freinage TRP Slate Evo à 4 pistons, tige télescopique d’origine avec débattement adapté à chaque taille, et compatibilité tubeless officielle des jantes SunRinglé Duroc et des pneus Rockrider Grip 500.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S CADRE

Technologies et caractéristiques du Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S

Un cadre aluminium au profil moderne conçu pour encaisser les terrains engagés

Le cadre du Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S est en aluminium, fabriqué au Canada par Decathlon, un choix qui illustre parfaitement les compromis propres à cette tranche de prix. L’aluminium ne peut pas rivaliser avec le carbone en termes de rigidité spécifique et d’absorption des vibrations hautes fréquences, mais il offre une robustesse et une durabilité que bien des pratiquants apprécieront sur le long terme, surtout si le vélo finit régulièrement couché dans les rochers. La géométrie affiche un profil all-mountain moderne avec un angle de direction estimé autour de 64-65°, pensé pour la polyvalence descente-montée, avec des passages de gaines semi-internes par le tube diagonal et des protections de tube diagonal et guide-chaîne pour résister aux projections.

L’absence de flip-chip ou de réglage de géométrie est une simplification compréhensible à 3 500 €, et les points de fixation porte-bidon sont présents sans rangement intégré dans le cadre. Les finitions globales sont correctes : les soudures sont propres et fonctionnelles, sans la finesse d’un cadre haut de gamme Trek ou Specialized, mais cohérentes avec le positionnement tarifaire et sans défaut rédhibitoire constaté sur notre exemplaire de test.

Rockshox 35 Gold RL et Deluxe Select : une suspension full-air bien dosée pour le 160/150

La fourche Rockshox 35 Gold RL embarque 160 mm de débattement, des plongeurs de 35 mm de diamètre, un axe 15×110 Boost, une cartouche air Gold RL et un lockout de compression. Elle est associée à l’amortisseur Rockshox Deluxe Select (150 mm, air) selon une cinématique monoamortisseur classique qui offre une progressivité naturelle excellente pour maintenir la motricité en montée. Decathlon a eu la bonne idée d’imprimer les tableaux de pression directement sur la fourche et l’amortisseur, un détail pratique qui change vraiment la vie lors de la mise en route : pas besoin d’application, pas besoin de fiche technique, tout est là sous les yeux. Le SAG conseillé se situe entre 25 et 30% pour ce type de setup, avec une compression basse vitesse et un rebond accessibles sur chaque extrémité.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S roues

L’absence de lockout ou de remote sur l’amortisseur, et l’absence de réglage de compression haute vitesse sont typiques du milieu de gamme Rockshox et n’ont rien de surprenant à ce tarif. En pratique, ces limitations se font très peu sentir sur le terrain all-mountain pour lequel ce vélo est conçu. Pour les montées longues sur asphalte, le lockout de fourche compense partiellement l’absence de remote amortisseur, et la cinématique bien étudiée du cadre limite naturellement le pompage en montée sans réglage supplémentaire.

Shimano Cues 6000 en 11 vitesses : fiabilité sous couple avant réactivité

Le dérailleur Shimano Cues 6000 en 11 vitesses est un choix stratégique de la part de Decathlon : cette gamme Cues a été spécifiquement conçue pour résister aux contraintes des motorisations VTTAE puissantes, où le couple moteur impose à la transmission des sollicitations bien supérieures à celles d’un vélo musculaire. Privilégier la durabilité à long terme sous couple moteur plutôt que la réactivité d’une XT, c’est un arbitrage intelligent sachant que l’EP6 atténue de toute façon les exigences de passage parfait grâce à la souplesse de son assistance. La plage de la cassette couvre suffisamment de développements pour gérer les montées raides comme les relances rapides, même si les tailles exactes de manivelles et le rapport de plateau ne sont pas communiqués dans la fiche Decathlon. La compatibilité UDH et la disponibilité d’une patte de dérailleur de rechange en cas de chute sont deux points rassurants pour la durabilité de l’ensemble.

TRP Slate Evo à 4 pistons et disques 203 mm : du freinage premium pour un prix plancher

Les freins hydrauliques TRP Slate Evo à 4 pistons par côté avec des disques de 203 mm avant et arrière constituent l’une des véritables surprises de ce vélo. TRP est la branche performance de Tektro, et trouver des freins à 4 pistons sur un VTTAE à 3 500 € est franchement rare dans cette catégorie. La puissance de freinage est à la hauteur : sur un vélo de 25,5 kg avec assistance qui peut facilement atteindre 25 km/h en descente engagée, des disques de 203 mm permettent une dissipation thermique indispensable pour maintenir la constance du mordant sur les longues descentes. La modulation du levier est exemplaire, avec un réglage de la garde et du point dur accessible sans outil, et les plaquettes métal fritté sont conseillées pour les descentes prolongées. Leur coût de remplacement se situe entre 20 et 30 € la paire, avec une disponibilité correcte via les circuits classiques.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S  guidon

Roues SunRinglé Duroc 29″ et pneus Grip 500 : une base solide à optimiser

Les jantes SunRinglé Duroc en aluminium 29 pouces présentent une largeur interne permettant un montage confortable des pneus 2,4″, avec le standard Boost (110×15 avant, 148×12 arrière) pour une rigidité maximale. La compatibilité tubeless est officielle côté jante et pneu, même si le kit de départ n’inclut ni liquide préventif ni valves : il faudra ajouter 15-20 € de valves et 30-50 € de liquide pour en profiter pleinement. Les pneus Rockrider Grip 500 en 2,4″ tubeless ready offrent un bon compromis poids-performance en all-mountain classique, avec un dessin de crampons conventionnel efficace sur sols mixtes. Ils montrent leurs limites sur les sols secs et poussiéreux par rapport à un Maxxis Assegai ou un Continental Karcal, et les pressions conseillées en tubeless se situent autour de 1,6-1,8 bar à l’arrière et 1,4-1,6 bar à l’avant selon le gabarit du pilote.

Cintre 780 mm, tige télescopique et cockpit orienté pilotage sportif

Le cintre Rockrider mesure 780 mm en taille M, une largeur adaptée au pilotage engagé en all-mountain qui donnera un excellent contrôle de la direction sur les singles techniques. Les données précises de backsweep et de rise ne sont pas communiquées par Decathlon, mais le comportement sur le terrain confirme un profil orienté sport sans être agressif. La tige de selle télescopique Rockrider est l’un des éléments vedettes de cet équipement, avec des débattements différenciés par taille : 120 mm pour le S, 150 mm pour le M et le L, 170 mm pour le XL. La commande au pouce gauche est réactive et bien placée, et son importance pour exploiter pleinement le débattement arrière en descente ne doit pas être sous-estimée : sans dropper, on perd facilement 30% du potentiel d’un tout-suspendu en terrain technique. La selle Rockrider à profil ouvert s’est montrée confortable sur les sorties de 2 à 3 heures et bien adaptée au pédalage dynamique.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S  fourche

Shimano EP6, batterie 630 Wh et interface : le cœur du VTTAE

Le moteur Shimano EP6 (85 Nm, 500 W crête) est sans doute le meilleur choix que Rockrider pouvait faire pour ce 700 S. Son approche basée sur la cadence de pédalage (l’efficacité maximale se situe au-dessus de 80 tr/min) le distingue clairement des motorisations à couple constant, en produisant une expérience de pédalage nettement plus naturelle pour un vététiste issu du musculaire. Il est aussi bien plus discret qu’un Bosch Performance Line CX, avec un ronronnement léger qui ne fatigue pas l’oreille sur 3 heures de sortie. Les quatre modes d’assistance (Off, Eco, Trail et Boost) couvrent tous les usages terrain, de la portion roulante en forêt au passage à 20% avec une charge complète de rando.

La batterie 630 Wh est intégrée au tube diagonal (3,7 kg) et se retire via une clé Allen 4 mm d’un simple quart de tour. En test, nous avons atteint environ 50 km en mode Boost sur un parcours à 900 m de dénivelé positif pour un pilote de 72 kg, et 60-70 km en alternant les modes. Le chargeur rapide 4A est inclus pour un temps de recharge d’environ 6 heures, avec la possibilité de charger la batterie hors du vélo via l’adaptateur Shimano SM-BTE80. L’écran Shimano couleur positionné à droite de la potence affiche la vitesse, la jauge batterie et le mode d’assistance, mais son absence d’affichage en pourcentage précis de batterie reste un manque de confort réel au quotidien. L’application Shimano E-Tube (iOS et Android) permet de personnaliser jusqu’à 15 niveaux d’assistance, mais son interface reste peu intuitive comparée à l’appli Flow de Bosch : son usage reste heureusement facultatif pour la grande majorité des pratiquants.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S : le test

Conditions de test : all-mountain estival sur les singles du Massif Central

Nous avons conduit ce test sur environ 6 semaines, pour un kilométrage total d’environ 280 km et un dénivelé cumulé d’environ 7 500 m. Les terrains roulés incluent des singles roulants en forêt de hêtres, des sentiers techniques sur calcaire, des passages sur racines humides et sèches, des chutes pierreuses, quelques portions de pumptrack et de labyrinthe de racines. La météo a alterné des sorties sèches et une sortie sous pluie légère. Le profil du testeur : 72 kg, 1m78, niveau confirmé, pratique all-mountain régulière 2 à 3 fois par semaine, expérience des tout-suspendus musculaires et VTTAE.

Réglages de suspension et prise en main : efficace dès la première sortie

Pour un pilote de 72 kg, nous avons retenu un SAG de 27% à l’avant (fourche Rockshox 35 Gold RL) et de 28% à l’arrière (Rockshox Deluxe Select), soit environ 75 PSI à la fourche avec un token standard et 190 PSI à l’amortisseur. La détente a été réglée légèrement rapide pour maintenir le contact sol en montée, avec la compression basse vitesse laissée ouverte pour le terrain accidenté. Le tableau de pression imprimé sur les éléments de suspension représente un gain de temps précieux : en moins de 15 minutes, le vélo était réglé correctement et donnait des résultats convaincants dès la première descente, sans nécessiter de nombreuses itérations. C’est loin d’être toujours le cas avec des vélos plus complexes où les combinaisons de réglages demandent plusieurs sorties pour converger.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S  arriere

En montée avec l’EP6 : une assistance naturelle qui se fait oublier

En mode Trail sur les montées longues et régulières, le Shimano EP6 accompagne sans jamais pousser : on sent l’assistance mais on ne se sent pas porté, et c’est exactement ce que recherchent les vététistes habitués au musculaire. En mode Boost sur les passages à 20-25%, la roue arrière s’accroche bien aux racines et aux marches grâce à la bonne motricité de l’amortisseur Deluxe Select en danseuse, sans rebondissement excessif. La position sur le vélo en montée raide maintient une charge correcte sur l’avant, même si les montées très raides (plus de 25%) demandent un positionnement actif du buste vers l’avant pour éviter le décollage de roue. Le lockout de fourche s’est révélé utile sur les quelques portions d’asphalte de liaison et de chemin gravillonné, réduisant le pompage parasite et améliorant le rendement. En Eco sur les singles roulants, le développement le plus court de la cassette suffit largement pour les montées à plus de 20%, même si couper totalement l’assistance sur des passages à plus de 25% avec charge exige un bon niveau de forme.

En descente : 160 mm qui rassurent et poussent à s’engager davantage

En descente, le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S dépasse clairement les attentes pour un vélo à ce tarif. La paire Rockshox absorbe les gros chocs et les marches de 50 cm et plus avec une aisance qui pousse naturellement à augmenter l’engagement au fil des sorties. La direction est précise dans les enchaînements serrés, et le vélo communique bien les appuis malgré son poids de 25,5 kg. Ce poids joue d’ailleurs un double rôle : il confère une inertie bénéfique en ligne droite rapide qui stabilise la machine sur les sections caillouteuses à haute vitesse, mais se fait sentir dans les épingles où la relance après le virage demande un effort plus marqué qu’avec un VTT musculaire léger. Aucun talonage constaté en descente engagée sur notre configuration de test, et la tige télescopique abaissée libère parfaitement le bassin pour les passages les plus techniques.

Maniabilité et agilité : un gabarit 29″ surprenant dans les sections étroites

On attendait des grandes roues de 29″ un comportement pataud dans les singles serrés, et le E-Feel 700 S a réussi à nous surprendre. Le vélo reste maniable dans les épingles et les changements d’appui rapides, même si un 27,5″ ou un mullet aurait l’avantage dans les corridors très étroits et les virages à épingle sous 5 km/h. Dans les passages très raides (plus de 30%), avec et sans assistance, la gestion du centre de gravité demande une attention active : le cintre de 780 mm aide à contrôler la situation et à placer les bras correctement pour éviter l’effet de bascule. L’effort de relance après un portage ou un virage lent est perceptible, mais reste dans la norme pour un VTTAE de 25,5 kg. On notera que si vous pratiquez souvent dans des forêts de hêtres ou de sapins avec des corridors très étroits, un mullet pourrait vous donner plus de plaisir dans ces configurations spécifiques.

Transmission et freinage à l’usage : fiable mais sans passion pour le Cues, exemplaire pour le TRP

La transmission Shimano Cues s’est montrée fiable dans l’ensemble, avec des passages de vitesse corrects sous couple moteur raisonnable. En revanche, sur les changements sous très forte charge ou lors des relances brutales en Boost, quelques craquements se font entendre, particulièrement sur les passages vers les petits pignons. Le bruit de chaîne sur terrain cassant est également plus présent qu’avec une XT, et le guide-chaîne a été sollicité à plusieurs reprises. La tenue en ligne reste correcte, sans saut de chaîne constaté sur les 280 km de test. Pour le freinage, les TRP Slate Evo ont été franchement impressionnants : sur une longue descente de 400 m de dénivelé sur calcaire, l’échauffement des disques est resté gérable, le point dur est resté constant du premier au dernier virage, et la modulation s’est maintenue exemplaire. Le bénéfice des 4 pistons et des 203 mm se fait clairement sentir sur un vélo de 25,5 kg à assistance, particulièrement pour les pilotes plus lourds ou ceux qui freinent tard.

Confort et fatigue : un tout-suspendu qui préserve le corps sur les longues sorties

La paire Rockshox assure une filtration efficace des vibrations de haute fréquence sur les graviers et les racines, un point fort du Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S sur les longues sorties. Les poignées Rockrider restent confortables sur 3 heures de sortie à mains nues, mais le cintre en aluminium transmet davantage de vibrations aux mains que ne le ferait un cintre carbone, et sur les 4 à 5 premières sorties, on conseille des gants à gel pour les pilotes sensibles aux fourmillements. La selle Rockrider à profil ouvert s’est bien comportée sur les sorties de 2 à 3 heures, sans point douloureux identifié sur un gabarit de 72 kg. Le poids de 25,5 kg se fait sentir sur les sorties de plus de 50 km : en fin de rando, la fatigue est légèrement supérieure à ce qu’on ressentirait sur un vélo musculaire de 13 kg ou un VTTAE de 22 kg, mais l’assistance compense largement en montée, ce qui équilibre globalement la donne.

Aspect pratique : un VTTAE pensé pour la vraie vie du vététiste

Les tableaux de pression imprimés sur les éléments de suspension rendent le réglage au quotidien accessible à tous, sans application ni mémoire technique particulière. L’accès aux roulements de biellette est correct, sans nécessiter de démontage complexe. Après une sortie boueuse, le nettoyage est rendu un peu plus fastidieux par les passages de gaines semi-internes qui retiennent la boue, mais rien d’insurmontable avec un jet d’eau froide à basse pression. Le retrait de la batterie via une clé Allen 4 mm d’un simple quart de tour est rapide et pratique pour la recharge séparée au bureau ou dans la voiture. Pour le transport, 25,5 kg reste un poids significatif à charger sur un porte-vélo ou à glisser dans un coffre de berline, et une personne seule appréciera d’avoir une prise bien en main sur le tube diagonal. La compatibilité avec les accessoires GPS tiers est totale, et si vous cherchez un bon compagnon de navigation pour accompagner ce vélo sur les singles du Massif Central, nous vous renvoyons à notre test du iGPSport BSC500 et de sa cartographie intégrée, une solution particulièrement adaptée aux sorties trail où la navigation compte autant que la performance.

Pour quel type de vététiste ?

Le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S est taillé pour le vététiste intermédiaire à confirmé qui sort régulièrement (1 à 3 fois par semaine) et qui cherche à prolonger ses aventures en montagne grâce à l’assistance électrique tout en conservant des sensations de pilotage réelles. C’est le vélo idéal du pratiquant qui monte le week-end sur des terrains variés, qui aime enchaîner les montées et les descentes techniques sans se retrouver épuisé en milieu de journée, et qui veut progresser sur les passages les plus engagés sans repartir de zéro. Le cadre M est recommandé pour les gabarits entre 1m72 et 1m82, le L pour les 1m80-1m90. Les pilotes en taille S noteront que le cintre de 780 mm peut sembler imposant : un raccourcissement à 740-760 mm pourrait s’envisager selon le confort.

Ce VTTAE convient moins aux compétiteurs d’enduro cherchant une machine ultra-réactive et légère, aux pratiquants de bike park intensif réclamant 170 mm ou plus de débattement, et aux pilotes qui veulent une transmission XT sans se soucier du budget upgrade. Il faut aussi accepter l’entretien inhérent à tout tout-suspendu assisté : révision annuelle des suspensions, entretien régulier de la transmission, suivi de la batterie. Pour ceux qui ne veulent pas s’impliquer dans ces maintenances, le réseau Decathlon en France simplifie considérablement la démarche, avec des mécaniciens formés sur place et des pièces disponibles en stock.

Montage et mise en route

Chez Decathlon, le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S est livré largement pré-assemblé : la roue avant est à clipser, le cintre est souvent déjà monté, et les pédales sont à visser. Les réglages initiaux indispensables avant la première sortie couvrent le SAG de la fourche et de l’amortisseur (avec l’aide des tableaux imprimés sur les éléments), la hauteur et l’inclinaison de selle, le débattement de la tige télescopique, et la vérification du centrage des freins et du dérailleur. L’ensemble prend entre 30 et 45 minutes pour un vététiste bricoleur, ou moins d’une heure avec l’aide d’un mécanicien Decathlon.

La conversion tubeless, vivement recommandée, nécessite des valves (15-20 €) et du liquide préventif (30-50 €), avec une procédure simple via un compresseur ou une pompe tubeless. L’outillage requis pour la mise en route complète se limite à une clé Allen 4 mm (retrait batterie), une Allen 5 mm (pédales et potence) et une pompe à suspension. Rien d’exceptionnel pour quelqu’un qui possède une boîte à outils basique.

Entretien et durabilité

Entretien courant : des gestes simples pour préserver les composants

Le nettoyage après sortie boueuse se fait à l’eau froide à basse pression, en évitant le jet direct sur le moteur Shimano EP6 et les paliers de roulements. La chaîne se lubrifie tous les 200-300 km (cire sèche conseillée en été, lubrifiant humide en hiver), les plongeurs de fourche s’essuient et se lubrifient légèrement à la bague d’étanchéité toutes les 5 sorties boueuses. Les pressions de suspension méritent un contrôle avant chaque sortie ou au moins une fois par mois, et le niveau de liquide préventif dans les pneus tubeless est à vérifier tous les 2-3 mois selon les conditions de pratique. Les roulements de biellette sont à contrôler tous les 3 mois en serrage pour éviter les jeux parasites.

Maintenance et pièces d’usure : anticiper les coûts sur 3 ans

Sur 3 ans d’usage régulier, voici les postes à anticiper pour le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S : la révision mineure de fourche (huile de bain) environ tous les 100 heures ou une fois par an coûte 80-120 € chez un mécanicien, la révision complète de fourche (cartouche et joints) tous les 200 heures entre 150 et 200 €. La révision de l’amortisseur Deluxe Select revient à 60-90 € une fois par an, et les roulements de suspension (biellette, pivot de cadre) à 50-100 € en pièces selon les conditions. La chaîne Shimano Cues se remplace tous les 1 500-2 000 km selon l’entretien, la cassette tous les 2-3 chaînes, le plateau tous les 2-3 cassettes. Les plaquettes TRP Slate Evo coûtent 20-30 € la paire avec une durée de vie variable selon le terrain, les disques 40-60 € pièce pour 2 à 4 ans d’usage. Le câble et la gaine de dropper (15-25 €) sont à remplacer si la réactivité diminue. La batterie Shimano 630 Wh est estimée à 800-1 000 € en remplacement après 500-700 cycles, soit 4 à 6 ans d’usage régulier. Le réseau Decathlon de 300 magasins en France facilite l’accès au SAV, et les pièces Shimano et Rockshox restent disponibles via les circuits classiques.

Retour d’expérience après 280 km et 7 500 m de dénivelé

Après 6 semaines et 280 km de test dans le Massif Central, voici le bilan honnête : aucun jeu constaté dans les articulations de suspension, transmission Cues légèrement bruyante après une sortie boueuse sans nettoyage immédiat (un coup d’eau et de lubrifiant a tout remis en ordre), freins TRP restés constants tout au long du test sans réglage intermédiaire. Les pneus Grip 500 montrent des signes d’usure légère des crampons centraux après 280 km sur sol abrasif calcaire, ce qui est dans la norme pour des gommes de cette catégorie sur ce type de terrain. Aucun problème électrique ou moteur Shimano EP6 constaté, et la batterie 630 Wh a maintenu une autonomie constante tout au long du test, sans perte notable de capacité sur la durée. Un résultat encourageant pour la fiabilité de l’ensemble sur la durée.

Points forts

Ce que le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S réussit mieux que ses concurrents

Le premier argument massue du Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S reste son rapport qualité-prix exceptionnel. Réunir du Shimano EP6, du Rockshox full air et du TRP 4 pistons sous 3 500 €, c’est une prouesse commerciale que peu de concurrents réussissent à ce niveau de cohérence. Le moteur Shimano EP6, avec son approche basée sur la cadence, se distingue clairement des motorisations couple-centriques et réconcilie les vététistes musculaires avec l’électrique en produisant une expérience de pédalage qui ne trahit pas les jambes.

La générosité du débattement 160/150 mm ouvre un terrain de jeu all-mountain réellement engagé, bien au-delà de ce que proposent les concurrents directs à 150/140 mm. La fiabilité du freinage TRP Slate Evo à 4 pistons sur un vélo de 25,5 kg avec assistance est un argument de sécurité concret que l’on ne doit pas minimiser. Les tableaux de pression imprimés sur les éléments de suspension rendent les réglages accessibles à tous, et la tige télescopique d’origine avec ses débattements différenciés par taille est une attention louable qui change réellement la pratique en descente. La compatibilité tubeless de série et l’accès au réseau SAV Decathlon partout en France complètent ce tableau de points forts particulièrement cohérent.

Points faibles

Les limites que le prix impose au Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S

La transmission Shimano Cues 6000 est le point faible le plus perceptible sur le terrain. Sa réactivité et sa précision en dessous d’une XT se font sentir dans les passages techniques engagés à haute cadence moteur, avec des craquements sous forte charge qui auraient été évités avec une transmission de gamme supérieure. Un vététiste exigeant finira probablement par upgrader vers une XT après 2 000-3 000 km, ce qui représente un coût supplémentaire à intégrer dans le budget total.

Les pneus Rockrider Grip 500 sont insuffisants sur les sols secs, pierreux et poussiéreux, un problème réel pour les vététistes pratiquant en milieu alpin ou méditerranéen. Un remplacement par des Maxxis Assegai ou des Continental Karcal s’imposera rapidement pour ces profils, représentant une dépense de 80-120 € supplémentaires. L’absence de liquide préventif tubeless dans le kit de départ est un oubli décevant sur un vélo à 3 500 €. L’écran Shimano sans affichage de pourcentage précis de batterie est un manque de confort quotidien, l’application Shimano E-Tube peu intuitive comparée à l’appli Flow de Bosch rend la personnalisation des modes difficile pour les non-initiés, et la commande Shimano avec ses petits boutons se révèle délicate à manipuler avec des gants épais d’hiver. Enfin, le poids de 25,5 kg se fait clairement sentir dans les portages et les sections de montée sans assistance, et l’absence de flip-chip prive les pilotes de la possibilité d’ajuster la géométrie selon leurs préférences.

Comparaison avec la version précédente

Le E-Feel 700 S constitue une évolution notable par rapport aux générations antérieures de E-Feel chez Rockrider. La motorisation Shimano EP6 remplace des moteurs moins performants des premières versions, la batterie est passée à 630 Wh contre 500 Wh sur les itérations précédentes, soit un gain d’autonomie de l’ordre de 25% à modes équivalents, et les suspensions Rockshox montent clairement en gamme avec la 35 Gold RL à l’avant et la Deluxe Select à l’arrière. La géométrie a également évolué vers un profil plus moderne et engagé, avec un angle de direction plus ouvert favorable au contrôle en descente.

La question de la pertinence du passage à cette génération se pose pour les possesseurs d’un E-Feel antérieur : oui, l’écart de motorisation, de batterie et de suspension justifie le changement pour les pratiquants intensifs qui sortent plus de 2 fois par semaine et attaquent des terrains exigeants. Pour un usage plus occasionnel (une sortie par semaine sur terrain modéré), la génération précédente reste fonctionnelle et le surcoût du changement sera moins facilement amorti.

Comparaisons avec les concurrents

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S vs Canyon Spectral:On CFM 6

Le Canyon Spectral:On CFM 6 s’affiche à 3 699 €, soit 200 € de plus que le Rockrider, avec le même moteur Shimano EP6 et un débattement identique de 160/150 mm. Ses suspensions Fox sont un cran au-dessus en termes de finition et de réglabilité, et sa géométrie ultra-sportive séduira les pilotes confirmés cherchant une machine plus pointue. En revanche, l’achat en ligne implique un assemblage client et l’absence de réseau SAV physique immédiat : en cas de problème, vous êtes seul face au service client à distance. Le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S propose un meilleur accès à l’après-vente, une mise en route sans stress et 200 € d’économie pour un résultat terrain très proche sur la grande majorité des terrains all-mountain.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S vs Radon Skeen Trail Hybrid 10

Le Radon Skeen Trail Hybrid 10 gravite autour de 3 599 €, embarque également un Shimano EP6 et des suspensions Rockshox comparables, mais avec seulement 150 mm à l’avant contre 160 mm sur le Rockrider, ce qui le positionne un cran en dessous sur les terrains vraiment engagés. Il bénéficie d’une transmission Shimano XT plus réactive, un avantage notable sur les sections techniques à haute cadence moteur. Les délais de livraison Radon et la disponibilité limitée en France constituent en revanche un frein important par rapport à l’accessibilité immédiate du Rockrider en magasin, et le SAV en cas de problème complexe est nettement moins simple à gérer.

Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S vs Moustache Samedi 29 Trail 2

Le Moustache Samedi 29 Trail 2 se positionne légèrement au-dessus (environ 3 699 €) avec un moteur Bosch Performance Line CX plus puissant et plus connu, une transmission Shimano XT supérieure, des pneus Maxxis Assegai en tubeless d’origine et un débattement de 150/140 mm légèrement plus modéré. La marque française porte une image premium et un réseau de revendeurs solide, mais moins fourni que Decathlon à l’échelle nationale. Pour un vététiste souhaitant plus de terrain de jeu en descente, le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S avec son 160/150 prend l’avantage malgré une transmission et des pneus d’origine moins nobles, deux postes facilement upgradables au fil du temps.

L’avis de la rédac

Le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S tient toutes ses promesses sur le terrain, et c’est la première chose à dire après 6 semaines et 280 km de test. La motorisation Shimano EP6, le freinage TRP Slate Evo et les suspensions Rockshox constituent un trio de composants remarquablement équilibré pour 3 500 €. Le comportement en descente dépasse clairement les attentes pour ce tarif, et la géométrie polyvalente permet d’aborder une grande variété de terrains avec confiance, des singles roulants aux sections pierreuses engagées.

Trois points marquants méritent d’être retenus avant tout autre chose. La naturalité de l’assistance EP6 réconcilie vraiment les vététistes musculaires avec l’électrique : on pédale, le vélo répond, sans sensation de poussée artificielle. La réactivité de la tige télescopique d’origine change concrètement la pratique en descente en libérant le bassin pour les passages les plus exigeants. Et l’accessibilité du réseau Decathlon rassure sur la durée : pour les roulements de biellette, les plaquettes ou un réglage de suspension, il y a un magasin à moins d’une heure chez la quasi-totalité des vététistes français. Le rapport qualité-prix reste l’argument massue : aucun concurrent à ce tarif ne propose une accumulation aussi cohérente de composants de marque sur les postes qui comptent vraiment.

Notre recommandation finale est claire : ce VTTAE est chaleureusement recommandé aux vététistes de niveau intermédiaire à confirmé cherchant à s’aventurer sur des terrains all-mountain engagés sans exploser leur budget. Il conviendra parfaitement aux pratiquants réguliers souhaitant allonger leurs sorties en montagne grâce à une assistance intelligente et discrète, à ceux qui souhaitent progresser sur les passages techniques sans partir sur une machine trop pointue, et aux riders qui apprécient la sécurité d’un grand réseau SAV. Il sera en revanche moins adapté aux compétiteurs d’enduro cherchant une machine ultra-réactive et légère, aux pratiquants de bike park intensif réclamant 170 mm ou plus de débattement, et aux pilotes souhaitant une transmission XT dès le départ sans se soucier du budget upgrade. Pour tout le reste, le Rockrider All-Mountain E-Feel 700 S est probablement le meilleur achat possible sur le segment VTTAE all-mountain entre 3 000 et 4 000 €.

Si vous envisagez d’équiper ce VTT d’un GPS pour vos sorties en montagne, nous vous conseillons de consulter notre test du Garmin Edge Explore 2 qui offre une navigation intuitive particulièrement adaptée aux terrains variés, ou le test du Bryton Rider 650 E pour une option tactile à prix contenu. Pour ceux qui découvrent chez Decathlon une marque qui sait aussi construire des vélos de route performants et accessibles, notre test du Van Rysel EDR AF 105 illustre parfaitement la même philosophie qualité-prix appliquée à la route.

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